la rhinoplastie comme toutes les chirurgies , a bénéficié d’ évolutions importantes durant ces 10 dernières années , permettant des progrès considérables tant sur le plan esthetique que sur le plan fonctionnel


L’esprit de la rhinoplastie

Il y a vingt ans, la chirurgie esthetique du nez était une intervention dévastatrice, réductrice, avec la réalisation de petits nez, tous les mêmes, tout ce à quoi, aujourd’hui, les patients ne veulent plus. La philosophie actuelle est avant tout de gommer les imperfections tout en conservant une vraie structure nasale c’est-à-dire une longueur, une largeur, une projection.

Le but étant un embellissement plus qu’une transformation. Le témoignage qui revient régulièrement dans les suites de cette intervention est “j’ai l’impression d’avoir toujours eu ce nez” preuve que le patient a très vite adopté la modification, que le complexe était tellement présent qu’il n’a quelque part jamais accepté l’ancien nez.

Le but de la chirurgie du nez aujourd’hui est de faire en sorte que le nez ne soit plus au premier plan, pour laisser s’exprimer le regard et le sourire.

L’information des patients

Ce qui a beaucoup changé aujourd’hui est l’information des patients. La grande majorité des patients nous consultant sont largement informés des modalités de cette intervention, suites opératoires, risques et résultats à attendre au travers des sites internet, au travers des médias, au travers des forums. Ceci est un atout qui facilite le dialogue et les consultations qui suivront.

Le projet, la simulation

La simulation informatique a modifié de façon profonde et radicale l’approche de la rhinoplastie car elle permet la construction d’un projet en direct avec le patient. L’interréactivité de cette simulation facilite les explications du chirurgien pour expliquer ce qui est réalisable et aussi de pouvoir démontrer au patient, au travers de la simulation, que les modifications excessives ne sont souvent pas souhaitables et que les modifications modérées permettent souvent un embellissement. Au travers de ce travail informatique, le patient aura déjà une idée bien avancée du résultat à attendre, ainsi que des limites.

Les techniques opératoires

Les techniques ont beaucoup évolué.

Il y a vingt ans, la rhinoplastie était une intervention essentiellement de réduction.
Aujourd’hui, elle est une intervention de restructuration du nez à la fois parce-que les résultats sont plus harmonieux mais aussi parce-qu’ils préservent la fonction respiratoire. Au niveau de l’arête nasale, le chirurgien recherche aujourd’hui avant tout à avoir une arête à rectitude droite de profil et non creusée. La reconstruction du tiers moyen du nez est devenue un élément essentiel de la chirurgie esthetique du nez à la fois pour préserver la fonction respiratoire mais aussi pour assurer une continuité des lignes des sourcils jusqu’à la pointe.
Quant au niveau de la pointe, la chirurgie se limitait à des réductions excessives des cartilages entrainant des nez pincés qui ne respiraient pas.
Aujourd’hui les modifications de forme se font essentiellement par des sutures qui permettent de modifier la forme et l’angulation de la pointe et aussi, par des greffes de cartilage permettant de soutenir et de venir modifier la forme lorsque l’anatomie le nécessite.

Les matériaux de greffe

Les matériaux de greffe ont, eux aussi, beaucoup évolué. Aujourd’hui, la principale source est le cartilage prélevé à la fois sur votre cloison nasale, parfois sur l’oreille et lorsque la cloison et les oreilles ne suffisent pas, alors le chirurgien peut être amené à utiliser du cartilage costal pour réparer. L’os a moins sa place du fait de sa résorption et de sa rigidité. Le chirurgien utilise facilement du fascia temporal ou du derme acellulaire pour guider la cicatrisation ou en tissu de camouflage. Les matériaux synthétique tels que les silicones, très largement utilisés dans les pays asiatiques, le sont très peu dans les pays européens ou en Amérique du Nord du fait du haut risque de complication qui dépasse les 7 à 8%. L’utilisation du medpore ou du gore-tex est par contre possible dans les rhinoplasties primaires sur les patients à peau épaisse essentiellement dans le réhaussement du dorsum et à éviter dans la pointe car à ce niveau,les complications sont fréquentes. Les produits de comblement ont fait leur apparition récemment en matière de de chirurgie du nez ‘ rhinoplastie médicale ). Ils ont radicalement changé l’approche de la prise en charge des petites imperfections post-opératoires. L’utilisation d’acide hyaluronique permet de corriger les imperfections de façon rapide et fiable et d’éviter une reprise opératoire se faisant sans anesthésie, lors d’une simple consultation.

La qualité de la peau

Durant ces vingt dernières années, les rhinoplastiens ont compris l’importance de la qualité de la peau car une fois la chirurgie du nez réalisée, seule l’élasticité de la peau va permettre de donner un résultat final. Lorsque la peau est très fine, aujourd’hui nous savons que les risques d’irrégularité sont majeurs, les techniques ont donc évolué en apportant différents types de tissu de camouflage pour prévenir ces irrégularités.
Quant aux peaux épaisses, aujourd’hui on sait que les modifications importantes du nez aboutissent à des catastrophes et il est donc illusoire d’imaginer pouvoir avoir un petit nez et que l’embellissement passera par une restructuration du nez essentiellement en ajoutant des supports pour retendre cette peau épaisse et lui donner une forme plus harmonieuse.

Rhinoplastie et fonction respiratoire

L’évolution majeure de la rhinoplastie est également la meilleur compréhension de la ventilation nasale. Les rhinoplasties de réduction engendraient d’énormes problèmes respiratoires par l’afflaiblissement des supports même du nez. Aujourd’hui, les techniques de greffe, les techniques de suture, sont la base de la rhinoplastie moderne dont le but est de préserver et d’améliorer la fonction respiratoire.
Chez les patients présentant des nez déviés ou des déviations complexes, l’utilisation aujourd’hui de plaques de PDS comme tuteur permet d’améliorer les résultats fonctionnels mais aussi la rectitude du nez sur le plan visuel dans bien des cas, même sur des déviations importantes.

La meilleure compréhension du phénomène de collapsus de la valve nasale a aboutit à des techniques de rhinoplastie très conservatrices pour éviter de la fragiliser mais aussi de la reconstruire lors des rhinoplasties et toujours dans le but de préserver la fonction respiratoire. Concernant les rhinites obstructives, après des années de turbinectomie, peut-être trop radicales, les chirurgiens s’orientent vers des techniques plus douces de cauterisation soit électriques, soit au laser, soit par la radio-fréquence de manière à maintenir un volume de cornet tout en améliorant le passage respiratoire.

La mondialisation

Pour conclure, la médecine n’échappe pas au phénomène de mondialisation. Aujourd’hui, il est plus facile qu’il y a vingt ans d’être informé sur l’évolution des techniques, sur l’évolution des résultats à la fois dans son pays mais aussi à l’étranger par les moyens connus que sont internet, les échanges de vidéos, les échanges sur les forums professionnels. Toutes ces innovations ont permis au chirurgien de rester au courant beaucoup plus rapidement des avancées technologiques dont le but est toujours le même, celui de s’améliorer soi-même et d’apporter de meilleurs résultats.
Dans l’avenir, la culture des cellules souches permettra peut-être, aux rhinoplasticiens, de bénéficier de matériaux propres aux patients, faciles à utiliser dans la reconstruction. Cela nous le saurons dans cinq ans, dix ans, quinze ans ou vingt ans.